Fuzhou – Xiamen

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Fuzhou en debut de matineeSamedi matin, me voilà sur la route à 8h30 après avoir quitté Lisa et son adorable famille. Je traverse Fuzhou et quitte la ville par la nationale, direction Pingtan, une île située à 130 kms de là. J’ai eu le vent de face toute la matinée et j’ai maintenant droit à une route vallonnée. Alors que je m’arrête pour manger quelques fruits, voilà que ma béquille casse: ce n’est pas ma journée! Sortir de Fuzhou m’a pris trop de temps, je ne pourrai pas être à Pingtan ce soir. Alors que la nuit tombe, j’hésite entre camper et trouver un hôtel; alors que j’examine la carte à Sanshan, un couple se baladant à pied m’aborde pour me demander où je vais dormir. Je leur demande s’ils connaissent un hôtel bon marché; l’hôtel coûte 100 yuans, la patronne est prête à me laisser une chambre double pour 80, trop cher pour moi. Je leur demande s’ils ne connaissent pas un hôtel à 40 yuans, ce que la femme redit à la jeune fille qui est descendue à la place de la patronne; elle accepte de me faire la chambre à 40 yuans! Incroyable! Je dormirai donc à Sanshan ce soir là, dans un hôtel où les gens sont adorables: ils m’offriront une bouteille de thé au lait sucré et une bouteille d’eau ainsi que des nouilles iophilisées. A la télé j’aurais droit à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de la Jeunesse, du moins au début de la cérémonie, tombant de sommeil.
Le lendemain, accompagnée d’un pensionnaire de l’hôtel, je me rends chez un réparateur de vélo pour la béquille: 100 yuans pour sortir les 2 vis cassées, mais impossible de la souder à l’arc, la béquille est en alu… Je laisse tomber pour cette fois, pars déjeuner et décide de m’acheter un dessert dans la petite supérette proche; à la recherche de mon bonheur, je tombe sur l’employée qui lâche un « Oh! » d’exclamation, comme si elle venait de croiser une personne inattendue. Je n’avais pas encore eu droit à cette réaction!
Atelier reparationA peine 5 kilomètres après avoir repris la route, première crevaison… Comme moi, le vélo commence à fatiguer… Par chance je suis sur la nationale où je peux me mettre à l’ombre. N’arrivant pas à démonter le pneu, je demande de l’aide au vieil homme qui monte la garde devant une usine. Il refuse de m’aider, et les deux personnes travaillant dans le bâtiment voisin aussi… Avec de l’acharnement, je finis par l’enlever, rustiner la chambre à air et remettre le tout. Cela m’a pris deux heures et il est déjà 15h30. Les vélos étant interdits sur le pont reliant Pingtan à la terre ferme, je dois prendre le bus mais je n’ai aucune idée de son point de départ. Après une vingtaine de kilomètres, j’interroge deux femmes attendant le bus sur le bas côté. Elles arrêtent un car qui m’emmenera sur l’île pour 30 yuans (le prix de mon billet Ningde-Fuzhou en train rapide), une véritable arnaque: j’ai du payer pour mon vélo en soute.
Plage de PingtanJ’arrive enfin à Pingtan; cela faisait tellement longtemps que je n’avais pas vu la mer et entendu le son des vagues! Le temps de faire quelques courses pour dîner, il fait presque nuit. Avant de planter la tente, je veux m’assurer auprès des policiers que j’ai bien le droit de camper sur la plage. Le policier à qui je demande me fait signe de la tête que non, me montrant la route et me faisant signe de repartir. Finalement je ferai une petite dizaine de kilomètres pour dormir dans une crique… trop loin de la mer pour entendre les vagues.
Camp dans une petite crique au calmeLe lendemain, je plie rapidement le camp et pars prendre mon petit déjeuner sur la plage. Il fait beau et chaud, un vrai moment de plaisir. J’en profite pour écrire des articles pour le blog sur le front de mer. J’aimerais tellement dormir sur la plage, un vieux rêve de gosse… Je décide de rester une journée de plus, et de passer l’après-midi à mettre à jour le blog. Après déjeuner, j’arrive dans un premier cyber café: impossible d’avoir accès à un ordinateur si je n’ai pas de carte d’identité chinoise! Mais puisque je ne suis pas chinoise!?! Mon passeport a suffit à Pékin, pourquoi pas ici?? Dans la rue je demande à un chinois âgé de la vingtaine s’il n’en connait pas un autre; il m’accompagne à un autre café, mais très pragmatique, me demande si j’ai une carte d’identité chinoise. Compte tenu de ma réponse, il m’accompagne dans le cyber où la patronne lui répète ce que l’on vient de me dire: pas de carte d’identité, pas de connexion. Il lui tend alors sa carte d’identité et lui donne toutes ses informations. Mais pourquoi donc est-ce impossible? Avec le peu d’anglais qu’il maîtrise, il m’expliquera que Pékin est une grande ville, Pingtan non, la règle reste la règle. Barques de pecheurs sur une plage de l'ileA Shanghai, faute d’avoir mon passeport qui se trouvait au Public Security Bureau, j’avais rencontré le même souci, donnant pourtant une photocopie et expliquant ma situation. On ne rigole pas avec internet en Chine!
Grâce à Paul, je pourrais donc me connecter pendant quatre heures. Dehors il fait quasiment nuit. Je me rends de nouveau sur la plage dans une petite crique, proche de la plage où se sont donnés rendez-vous tous les chinois pour manger et profiter de la fête foraine. Mais des gens passent et repassent sur la piste qui longe la plage, tandis que d’autres cherchent des crabes à la lampe torche. Ce ne sera pas pour cette fois… Je retourne à la crique où j’ai dormi la veille.
Petit dejeuner au soleilAprès avoir acheté mon petit déjeuner sur la route, je retourne à la plage une dernière fois pour me laver les cheveux aux toilettes publiques. A ma grande surprise, je trouve trois tentes plantées à 100 mètres de là… Trois couples viennent à peine de se réveiller et plient le camp alors que le soleil grimpe doucement dans le ciel. Je reprends la route pour essayer de trouver le ferry, en vain, et prends donc le bus (10 yuans) pour rejoindre la terre ferme.
Port a l'autre bout de l'ile
Il fait toujours aussi beau et chaud lorsque je m’arrête déjeuner. Petit à petit le ciel s’assombrit. D’un seul coup la pluie tombe, à peine le temps de me mettre à l’abri sous une station service. Les giboulées du mois d’août dans le sud de la Chine, je ne les oublierai pas! J’achète quelques fruits lorsqu’une fille qui doit avoir 11 ans me voit: « Oooooooh! » et elle s’enfuit en courant! Quelques secondes plus tard, la revoilà: « Where are you from? – France. Fagua. – What is your name? – Alexandra ». Et la voilà repartie, son cahier serré contre sa poitrine. A peine revenue qu’elle me demande: « Did you have lunch? – Yes I already had lunch. – Oh ok ». Et elle repart! Adorable!
Je reprends la route en coupant à travers la campagne; celle-ci est en travaux et les quatre roues se croient toujours prioritaires. Voici que le ciel s’assombrit à nouveau alors que je suis dans les montagnes, au milieu des forêts et des élevages de canards, et que la pluie se remet à tomber, plus drue cette fois-ci. Deux heures plus tard, je m’arrête pour acheter de quoi dîner dans un petit village; la nuit commence à tomber, mon séjour arrive bientôt à sa fin, je décide de retenter ma chance et demander l’hospitalité.
Ecole le long de la nationaleLe long de la nationale qui traverse le village, j’aperçois ce que je prends pour un temple; ce sont en fait de jolies maisons traditionnelles avec des toits recourbés aux extrémités, certaines sont inhabitées. Et dans ce petit paté se trouve une école, déserte au premier abord. Une dizaine d’adolescents, âgés de la quinzaine, arrivent, surpris de voir une occidentale dans la cour de leur école! « Seu miao? » (temple?) je leur demande en montrant le bâtiment adjacent. Oui, me répondent-ils. Je cherche dans mon petit livre. « Vous-penser-tente-ici-ok? » tout en leur mimant que je souhaite dormir là. « Che, ok! » (Oui, ok!)
Me voilà donc dans cette école vraisemblablement bouddhique, à déballer ma tente dans la cour sur la scène du théâtre! Il fait nuit noire maintenant et tous m’éclairent de leur téléphone portable pour que je vois ce que je fais. Ils vont préparer à manger et m’invitent à partager leur repas, mais le ciel est trop menaçant pour certains qui pensent que la pluie va retomber. Le barbecue n’aura finalement pas lieu, mais ils m’amèneront à la place une soupe épicée de pâtes, trois morceaux de poulet frits et un verre de Sprite! Adorable! Épuisée, à peine sont-ils partis que je suis dans les bras de Morphée.
Au réveil, je plie mes affaires et traverse la cour où des chinois sont en train de sortir des marionnettes, vraisemblablement pour un spectacle aujourd’hui. Je reprends la route et décide de prendre le train à Hinjiang pour rejoindre Xiamen plus rapidement. Alors que je passe le controle de sécurité, un agent m’interpelle en me montrant un sac: mon couteau à lame fixe n’est pas passé inaperçu cette fois. J’explique que j’ai déjà voyagé avec plusieurs fois sans souci e surtout que j’en ai besoin pour préparer à manger. « Vous ne vous en servez pas à bord, d’accord? – Non, bien sur que non! » J’arrive à la Gare du Nord de Xiamen, bien loin de l’île, sans aucune idée de comment rejoindre le centre ville sans prendre l’autoroute interdite aux vélos, je la prendrai finalement. A peine le pont traversé, je m’arrête pour demander mon chemin à un passant quand un cyclovoyageur s’approche. Kevin, 37 ans, est professeur d’EPS à Shanghai d’où il est parti il y a 10 jours. Grace à son Iphone et à son GPS, il me guidera jusqu’à l’auberge et insiste pour que l’on passe l’après-midi ensemble. Sa demande se fait trop insistante, j’ai droit à toute sa vie sentimentale, dont une petite amie américaine alors qu’il avait 20 ans. « I am not broken » me rabâchera-t-il pour me dire que bien qu’il soit célibataire, ce n’est pas un mauvais bougre. Après une demi-heure sans céder, il finira par me laisser seule à l’auberge.
Xiamen
Je resterai finalement trois nuits à Xiamen. Après plus de trois mois de voyage, j’ai comme la sensation de ne jamais m’arrêter; certains jours je visite et j’apprends, d’autres je pédale et j’avance.
Ruelle de XiamenJ’ai besoin de m’arrêter et de laisser mon esprit se reposer et digérer tout ce que j’ai vécu; j’ai l’impression de me lasser de tout et la sensation ne me plait pas. Jeudi, je m’accorde donc un « dimanche de patachon », le genre de dimanche pluvieux où il fait bon ne rien faire et rester sous la couette (le temps à Xiamen n’a rien à voir!) et passe la journée à mettre le blog à jour. Je ne sortirai de l’auberge que pour m’acheter à manger.
Le long du fleuve sur l'ile de XiamenLe lendemain, le temps de glaner quelques informations sur Hong Kong et Macao et de déjeuner, il est déjà 15 heures… Je décide de repousser mon départ encore d’un jour et de faire un tour dans Xiamen, une ville agréable à vivre. Pourtant là aussi, les grandes villes où règnent stress, pollution et bruit automobile m’insupportent et il est temps que je reprenne la route.
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Une réflexion au sujet de « Fuzhou – Xiamen »

    Jean-Yves a dit:
    28 septembre 2014 à 6 h 20 min

    je me demandais si tu n’avais jamais envie de te poser un peu ou si n’arrêterais jamais de pédaler !!… donc finalement tu es comme tout le monde ! 😉 et j’espère qu’on va relire souvent que tu as fait une pause de plusieurs jours !

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