Deuxieme emploi : la ferme Carey dans le Victoria

Publié le Mis à jour le

wemen-2 Mardi 21 mai. Je dépose doucement la Fusée sur la bâche à l’arrière de la voiture, referme le coffre et me dirige vers le petit groupe pour dire au revoir à tout le monde. Mon séjour à Wemen s’achève… enfin. Après un mois et demi, je vais quitter le Victoria, en voiture cette fois, et me rendre doucement à Sydney où ma sœur arrive dans une dizaine de jours.
Dimanche 6 juin, je prends donc l’avion pour me rendre à Adelaide où je passe la nuit en auberge. Au petit matin le lendemain, la Fusée est mise dans la soute d’un bus Greyhound qui m’amène à Mildura. Après quelques emplettes de provisions et l’achat d’une couette, je refais cette portion de route sur laquelle j’avais pédalé par un soleil écrasant en février dernier.

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Sauf que le temps a changé et qu’il fait bien plus froid. Sur les coups de minuit et dans la nuit noire depuis cinq heures, j’arrive enfin à Wemen qui ne possède qu’une station service et quelques maisons éparpillées, après 120 kilomètres avalés dans l’après-midi. Je déplie la tente sur l’aire de repos le long de la Murray et tombe dans les bras de Morphée.
Au campementIl est à peine 8h30 lorsque j’arrive à la ferme des Carey après 4 kilomètres de route sablonneuse. Gaétan, qui m’avait rencardé sur ce plan, sort tout juste de sa voiture. Il me met rapidement au courant de la vie au campement et me dis de m’installer le temps que la patronne arrive. Je plante donc ma tente près du van de Kristell et Jerome, déjà partis travailler.

Vers 11 heures, la patronne arrive alors que je discute avec les deux bretons: elle me remet un sac de cueilleur et un petit sécateur nécessaire à la coupe des mandarines. Je commence le travail dans une allée où les branches des arbres s’entrecroisent, pas l’endroit idéal pour prendre le rythme.

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Le jour tombe. Gaétan vient me chercher et m’explique qu’Adam, un soudanais vivant dans une caravane que j’avais rencontré le matin, a monté une tonnelle au dessus de ma tente pour me protéger de la pluie. Royal! Le feu est allumé et les branches d’eucalyptus flambent alors que le froid tombe. Yared, un éthiopien installé lui aussi dans une caravane, nous rejoint au coin du feu. Kristell et Jérôme préparent à manger dans leur van tandis que les garçons font griller ailes de poulet et saucisses au barbecue.

Campement dans a nuit

La première semaine passe ainsi: je continue de cueillir des mandarines toute la journée, profitant de soirées à discuter autour du feu qui me réchauffe avant d’aller me coucher dans ma tente. L’ambiance est décontractée, chacun débute sa journée lorsqu’il en a envie. Carmen, la patronne, passe une fois par jour vérifier le travail de chacun et nous apercevons le conducteur de tracteur, Sukdip, un indien, généralement en milieu de journée.

A la fin de la journee

Je fais rapidement la connaissance de Damien et Serena, un autre couple de français logeant dans une caravane. Le nom de Serena me parle… Fin novembre, en m’arrêtant au Wyaralong Dam, Bruce, un australien, m’avait parlé de ce couple et m’avait laissé leur numéro, me demandant de les appeler si je passais dans le Victoria! Bien sur, ne les connaissant pas, je n’avais rien fait… Le monde est tout de même petit! C’est en Tasmanie qu’ils ont connu Gaétan, et restés en contact, ils ont décidé de venir dans le coin ensemble.

imageAprès une semaine, Carmen me demande de m’atteler aux oranges en début d’après-midi. Contrairement aux mandarines dont il faut couper la queue pour les cueillir, la plupart des variétés d’oranges se cueillent en tirant assez brutalement dessus, sauf les Tangelos, une variété en forme d’olive, à la chair orange foncé et au goût plus acide; elle est appréciée par les Libanais et se vend principalement à Adelaide, possédant une importante communauté libanais. Il ne doit pas faire moins de 14 degrés pour cueillir les oranges qui ne doivent pas non plus être mouillées, alors que les mandarines peuvent être cueillies n’importe quand.

La caisse de mandarines est payée 85 dollars, contre 40 celle de tangelos ou 25 celle d’oranges. Cette année, les mandarines sont plus grosses qu’habituellement et chacun préfère donc cueillir des mandarines, bien plus rentables.
Après ma première allée finie, je suis envoyée avec Damien et Serena dans une allée où les mandarines sont grosses comme des balles de ping pong. Je passe une semaine à cueillir une caisse par jour à raison de 8 à 10 heures de travail: je travaille pour la gloire.

Début juillet, les tangelos sont finies, et après deux jours dans les Washington, je passe aux Kara Kara, une variété à « tirer » avec des fruits que je suis souvent obligée de cueillir à deux mains. Cette variété a d’excellents fruits à la chair rougeâtre et au gout sucré.

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En général, nous avons deux jours de repos par semaine, pas forcément les samedis et dimanches, mais souvent jours de pluie. Parfois, nous devons attendre que la société qui conditionne les fruits à Mildura ne soit plus engorgée.
Certains en profitent pour regarder des films, mixer ou lire un livre (comme Kristell et moi sur nos kindle et téléphone respectifs). Kristell et Jérôme m’initient à un jeu breton à mi-chemin entre le yam et le morpion: la linotte. Je deviens vite accro à ce jeu!

Très vite, nous partageons nos repas souvent cuisinés au feu de bois, à moins qu’il ne pleuve. Je fais ainsi des Flammkueche tandis qu’ils partagent leurs pizzas avec moi, je cuisine un osso bucco quand ils m’invitent pour un poulet riesling. Jérôme fera même un excellent pain fourré à l’ail et au beurre et Kristell nous régalera de galettes de sarrasin, importé de Tasmanie!
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Fin juin, quatre amis d’Adam d’origine érythréenne ont rejoint le camp. Le groupe se scinde en deux: nous passons journées et soirées chacun de notre côté.
La cuisine L’installation du camp est très sommaire: deux douches, un évier et une machine à laver, le tout ravitaillé par l’eau du « billabong » tout proche… où l’eau est ensuite rejetée. Riche en terre ocre et très probablement en souffre, nos cheveux sont rapidement rêches et notre peau sèche.
Il existe bien une cuisine avec un gaz où cuisine un autre indien ne parlant quasiment pas anglais, mais elle ressemble d’avantage à un abri de fortune envahi par les araignées et les souris qu’à autre chose. Seul avantage: il y a un grille pain et un micro-ondes!

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Le 9 juillet, après s’être fait mal au dos quelques jours auparavant, Gaétan quitte la ferme, direction la Thaïlande. Ce pays ne l’a guère conquis et il préfère passer quelques semaines en Asie avant de rentrer en France. Deux jours auparavant, c’est Serena qui est rentrée en Corse.
Avant de partir, il me propose sa voiture pour 800 dollars, ce que j’aurais payé pour 15 jours de location de van sans assurance (auquel cas il aurait fallu doubler ce montant).

wemen-2L’avantage, c’est que c’est un investissement (je pourrais la revendre avant de partir) et que je pourrai me rendre avec ma soeur rendre dans les parcs nationaux où les routes sont gravillonnées. Si par malheur nous l’abimions, cela n’aurait aucune conséquence financière.
De retour à la ferme après avoir emmené Gaétan au bus qui l’emmène vers Melbourne, Carmen nous annonce 4 jours de repos. Il fait de plus en plus froid: depuis une dizaine de jours, l’herbe est gelée lorsque je me réveille et le thermomètre indique entre 0 et 5 degrés. Je plie donc mes affaires et décide de dormir dans la voiture.
Kristell et Jérôme avaient prévu de partir le 15 juillet mais décident de mettre les voiles le 13, alors que Carmen nous annonce trois jours de repos supplémentaires. Eux aussi n’ont pas accroché avec ce pays et décident de voyager quelques semaines jusqu’à Cairns dans le nord du Queensland avant de probablement rentrer en France après deux ans à l’étranger.

 

Au campementLa ferme

Le froid est bien la Nous reprenons finalement le vendredi 17 pour… 2 jours de cueillette! Au mieux, une nouvelle semaine chômée s’annonce.
Mardi 21, c’est à mon tour de partir. Il me reste dix jours avant l’arrivée de ma soeur, l’occasion de mettre le blog à jour et faire un detour par Canberra, capital du pays.

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